L'AUTOMATE (RONDEAU ESTRAMBOTE)
Dans mon corps je sens se débattre
Un automate ingénieux
Qui regarde aux trous de mes yeux
Comme à la toile d’un théâtre,
D’un théâtre de Mezzetin.
Mon âme est fort bien machinée,
Et ce montreur: La Destinée,
Y fait sautiller ce pantin.
Ce pantin, à toute ficelle
Que vient tirer le Doigt vainqueur,
Obéit en dépit du coeur
Qui la hait et qu’elle ensorcelle.
Qu’elle ensorcelle!- Au fin ressort
Toutes les heures son doigt butte.
Ding ding! un petit homme sort,
Et le pantin fait la culbute.
Fait la culbute- Oh! remords lourds!
Et ce démon qui goguenarde,
C’est l’automate qui regarde
Par les trous d’un loup de velours.
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