LE FANTÔME DE SIGFRIED BRACQUE (MARCO VAN HEES)
LE FANTÔME DE SIEGFRIED BRACKE
Une réunion encore plus surréaliste que les précédentes, aujourd'hui, dans le groupe « Renouveau politique » de la Chambre. Car alors que nous débattions du statut et de la rémunération du président de la Chambre, son fantôme flottait sur la réunion. Ou plutôt le fantôme de l'interview qu'il a donnée à la RTBF le matin même. Vous voyez le topo ? C'est le scandale Bracke (ses cumuls de fonctions, cumuls de rémunérations et conflits d'intérêts) qui est pour beaucoup dans la mise sur pied du groupe « Renouveau politique ». Et le jour où son cas y est discuté, il court-circuite la Chambre en disant la messe dès le matin. C'est dire la considération qu'il a pour l'institution qu'il préside ! Et pour dire quoi ! Pour dire que l'avis de la commission de déontologie, qui a planché sur son cas, ce n'est qu'un avis : en clair, il s'assied dessus. Pour dire qu'il veut pouvoir cumuler sans entrave. Pour dire qu'il est « pour les conflits d'intérêts ». Non, ce n'était pas un humoriste imitant sa voix : c'est le vrai Siegfried Bracke qui dit ça.
Et il se fait que Vermeulen, le président du groupe « Renouveau politique », est également N-VA. Et il a bien défendu les intérêts de Bracke. Réduire son salaire, le plus élevé de Belgique ? OK, mais il doit rester le plus élevé du pays et gagner un euro de plus que le Premier ministre, c'est-à-dire… 11.000 euros net par mois. Interdire tout cumul avec d'autres mandats ? Vous n'y pensez pas ! Pour la N-VA, le président de la Chambre doit pouvoir cumuler ce mandat avec d'autres mandats publics et avec d'autres mandats privés. La N-VA aime se donner l'image d'un parti non traditionnel. Eh bien, il va encore plus loin dans l'immobilisme politique que les partis traditionnels. Et pourtant, la concurrence est rude
