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Publié par YVAN BALCHOY

19-12-23- DESTINEE GUY MARCHAND (1937- 2023)- AGORABOX

Destinée : Guy Marchand (1937-2023)
par Vincent Delaury


Bonjour l'angoisse, Guy Marchand (1937, quartier populaire de Belleville, Paris - 2023, Cavaillon, dans le Vaucluse, 84), acteur et chanteur, accessoirement passionné de bagnoles américaines années 1960 (passion qui l’aurait ruiné), est mort (©photos V. D., pour la plupart). Nestor Burma, détective un peu Gavroche gouailleur lui allant comme un gant créé par Léo Malet et diffusé sur Antenne 2 de 1991 à 2003, casse sa pipe à 86 ans. Exit Charlie Dingo. Y’a plus de rumba dans l’air. Notre père « s’est éteint paisiblement ce vendredi [le 15 décembre dernier] à l'hôpital de Cavaillon », ont indiqué Jules et Ludivine, ses enfants, dans un communiqué.


Guy Marchand, aux côtés de Tonya Kinzinger, dans « Nestor Burma » cartonnant en termes d’audience, dans les années 1990, sur France 2
D’abord musicien de jazz, Guy Marchand, ce fils d’un ferrailleur et d’une mère au foyer, qui aimait imiter dès 9 ans avec sa clarinette offerte par son paternel Sidney Bechet et qui plus tard se nommera « le guignol des Buttes-Chaumont », titre de son autobiographie sortie en 2007 aux éditions Michel Lafon, devint célèbre en chantant La Passionata (1965), un beau succès d’estime, pastiche d’un flamenco douloureux qui le fera repérer par Eddy Barclay en personne, grand imprésario à l’époque, signant aussitôt un contrat avec lui. Ses talents de comédien, lui qui aime jouer les crooners au bord du ringard, sont bientôt pressentis par Robert Enrico, décidant de le faire jouer, auprès de B.B. alors au sommet de son sex-appeal (il y campe un beau brun tombant en pâmoison devant le mythe Bardot), dans Boulevard du rhum en 1971. Convaincant en latin lover raide dingue de la Bardot, Guy Marchand voit ainsi sa carrière cinématographique lancée.

Au cinoche, il jouait souvent les connards (dragueur de plage lourdingue, macho, veule consternant, cocu, brute, playboy pédant, petite frappe odieuse, mari casanier colérique, chef d’établissement scolaire survolté, inspecteur ripou, garagiste de province cynique, salaud intégral…) et on l'aimait bien pour ça - il a d’ailleurs toujours prétendu se régaler à jouer les cons. Pas facile de jouer un con - a joué dans P'tit con, 1984, titre révélateur -, plus facile, lorsqu’on est acteur, pour son image et son amour-propre, de jouer un gentil, voire un héros.

Guy chanteur dans « Les Sous-doués en vacances », 1982, de Claude Zidi
Le slow langoureux Destinée (in Le Père Noël est une ordure, 1982, adaptation d'un grand succès théâtral du Splendid par Jean-Marie Poiré, filmeur frénétique qui monte plus vite qu’une Formule 1) : chanson culte, pour une comédie noire culte, féroce satire des SOS Amitié aux répliques utilisées dans le langage courant tels des codes, qui me revient aussitôt en tête, via sa belle voix de crooner : ce grand amateur de jazz, de blues et de tango jouait aussi régulièrement, avec talent, de la clarinette. Tube entêtant ô combien suranné accompagnant, avec malice, la danse culte urticante, collée… détachée, entre Clavier en travelo (BRONSON !) et Lhermitte en costard-cravate, l’intéressé considérant, non sans humour, que ce hit au second degré, ne faisant aucunement tapisserie dans ce film dingo, était « sa principale contribution au patrimoine culturel » !

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