25-09-26- BIENTÔT MES RETROUVAILLES AVEC MAMAN CHERIE, PAPA CHERI ET TOUTE MA FAMILLE DEJA ENDORMIE _
Dans quelques petits mois, je fêterai mes nonante et un ans, peut-être car chaque jour nouveau, j'en suis conscient, celui de ma mort de mon départ vers cet Ailleurs auquel je crois toujours comme au coeur de mon enfance n'est plus très éloigné
C'est si loin 1940-1945, rue du collège à Dinant, tout juste en face de la KOMMANDATÜR allemande. Mon papa, "copère" de souche et maman de Sint Andries, banlieue de Bruges. Je suis donc un Belge intégral, issu d'un couple du sud et du nord du pays.
Face à ma maison, un couvent de religieuses dont une grande partie a été réquisitionnée par des allemands occupants par force de notre pays pourtant neutre !
Je les entends encore, marcher en régiment bruyant pour bien faire comprendre aux dinantais que désormais c'étaient eux les Maître "AYI AYO AYA" un chant sans doute pacifique à son origine devenu un cri de domination et souvent de haine.
Pourtant je n'ai pas oublié non plus cet officier allemand, peut-être nazi, venu nous reprocher de ne pas avoir bien occulté une des fenêtres de notre salon la nuit, risque évidemment d'être repéré par des avions ennemis pour nos intrus, amis pour nous.
Ce soldat allemand peu peu s'invita chez nous et il fut reçu courtoisement dans un salon ou une photo du roi Albert, entouré des couleurs nationales témoignait clairement de nos préférences patriotiques.
J'avoue qu'il réussit à établir avec nous des liens d'une simple amitié humaine en nous apportant, don précieux en ce temps-là des pommes qui me paraissaient aussi gosses qu'un ballon de foot.
Ses visites ne furent pas longues car un jour qu'il était parti dans la région de Beauraing sans doute pour "casser" des terroristes ( ce mot était déjà utilisé par ceux qui voulaient s'imposer en terrorisant leurs victimes dont la résistance légitime était qualifiée par eux du même mot : rien de changé sous le soleil) et il fut tué à cette occasion. C'est le premier mort que je vis et je n'oublierai jamais mon effroi de découvrir inerte celui qui me souriait si souvent
Bien sûr, il restait, en particulier par son uniforme notre ennemi mais il était aussi par notre foi commune un frère avec lequel nous étions brouillés par les circonstances et je n'oublie pas qu'à la Saint Nicolas suivante, nous avons envoyé quelques jouets à sa famille. Honni soit qui mal y pense !
Oui, mes chers parents aujourd'hui disparus de notre terre, je sais que vos yeux se sont fermés avec confiance, persuadés que l'amour non seulement humain mais divin aurait le dernier mot !
Le temps a passé, 29 ans que mon père nous a quitté, 27 ans pour ma maman l'a suivi.
Quand le jour viendra où mon coeur fatigué cessera de battre, je crois que mon histoire ne sera pas finie. Je n'ai aucune idée de ce qi m'attend dans l'au-delà, je sais combien ma vie de croyant et pécheur fut loin d'être exemplaire mais je continue comme mes parents à faire confiance celui qui m'a dit "Je suis la Voie et ;la Vie" et je l'avoue, ma première espérance est de les retrouver ainsi que ma soeur Jacqueline baignant dans cet Amour infini qui EST, qui ETAIT et qui SERA et déjà nous oréunit !...
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