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Publié par BALCHOY

Le repas se termina par un excellent dessert. Ghislain se sentait de plus en plus à l'aise avec ses voisins de table. Après un bon café, il retourna dans sa chambre et s'étendit pour une mini-sieste, comme on le lui avait recommandé. Mais il fut incapable de dormir. Pour la première fois depuis des semaines, il sentit l'espoir grandir en lui.

Décidément il éprouvait de plus en plus de sympathie pour ce groupe qui l'acceuillait, en dépit de toutes les mises en gardes reçues à la FLEUR DE LOTUS. Il décida d'en aviser Marthe à la première occasion.

Jusqu'à présent, il n'avait reçu aucun "message" de sa communauté. Tant mieux !

Brusquement tout lui revint d'un coup en tête, Ria et ses deux enfants, l'institut agronomique de Gembloux et ses collègues ; c'était comme si un rideau venait de se lever dans sa conscience paralysée depuis tant de semaines. Il en fut tout excité. Il lui fallait au plus vite se manifester discrètement auprès d'eux qui devaient être fous d'inquiétude. Peut-être le croyaient-ils morts ? Comment faire ?

Évidemment, il aurait pu passer au bureau de poste, et tenter d'envoyer un mot ou, pourquoi pas,  donner un bref coup de fil. Encore faudrait-il qu'il se rappelle son propre numéro de téléphone ? Il tenta longuemen,t de le ramener des tréfonds de sa mémoire. Il commençait, lui sembla-t-il, par 080 ou 081 puis il y avait une succession de deux... impossible d'être plus précis !

Il lui fallait consulter les renseignements. Avec son nom et l'indication de la ville de Namur, cela devait suffire.  Avant tout, il lui fallait trouver un prétexte plausible pour accéder au téléphone sans éveiller la méfiance de ses hôtes. Il en parlerait tout à l'heure avec la jeune fille sympa. En attendant, un peu de sommeil ne lui ferait pas de tort.
Et se tournant vers le mur, Ghislain plongea rapidement dans un sommeil calme et récupérateur.

     "Bang, bang..." Ghislain émergea rapidement du sommeil.

Non, personne n'avait tiré comme il en avait eu ,un instant, l'impression. Simplement une main énergique frappait à sa porte.

     -"Monsieur, j'espère que je ne vous dérange pas. Nous avons , cet après-midi,  une visite commenté de notre communauté et je pense que cela pourrait vous intéresser."

     -"Un instant ! Je faisais une petite sieste; Je serai à vous dans une minute."

Les yeux encore tout brouillés, Ghislain se rinça sommairement le visage de la main passée sous l'eau froide, passa une brosse distraite en sa chevelure déjà clairsemée et sortit de la pièce.

La jeune fille l'attendait discrètement à quelques mètres. Toute souriante, elle lui fit signe de le suivre. En route, elle lui murmura sur le ton de la confidence :

     -"Tout à l'heure, une de vos compatriotes m'a dit qu'elle vous avait reconnu dans un couloir. Si j'ai bien compris, elle vous a connu à Liège et sera heureuse tout à l'heure de vous retrouver après le repas du soir."

Ainsi Marthe cherchait déjà à la rencontrer. Il ne s'en étonnait pas puisque telle était leur mission. Mais pourquoi le contact  secret qui était prévu prenait-il un air officiel sûrement pas souhaité par LA FLEUR DE LOTUS ?

Ils se retrouvèrent bientôt dans une salle de réunion où une trentaine de personnes éparpillées dans toute la pièce conversaient avec animation. Quelle différence avec LA FLEUR DE LOTUS où chacun prenait un air ampoulé à la moindre rencontre.

Au bout de cinq à six minutes, un jeune homme d'une petite trentaine d'années prit place derrière une chaise un peu plus solennelle que les autres.

Chacun s'installa alors ; Ghislain s'assit entre un africain d'une cinquantaine d'années et une indienne qui ne devait guère avoir plus de vingt ans.

Au moment où l'orateur s'éclaircissait la voix, la porte s'ouvrit avec force et deux ou trois retardataires firent irruption dans la pièce. Le coeur de Ghislain fit un fameux bond lorsqu'il reconnut parmi eux Marthe habillée d'un tailleur ravissant qui jeta un long regard circulaire,sur l'assemblée avant de e reconnaître. Elle lui adressa un petit geste d ela main en même temps qu'un grand sourire puis alla s'asseoir juste derrière lui. Tout ému, il lui tendit ses mains puis, pour lui manifester sa joie,  porta sa main droite à sa bouche.

Mais l'orateur prit alors la parole et, à regret, Ghislain dut bien détourner son regard de son amie.

Au fur et à mesure qu'il entendait le frère instructeur parler, Ghislain ne pouvait s'empêcher de comparer la lourde propagande vécue dans le nord et le propos léger, respectueux des conceptions de chacun de l'orateur de la Communauté du Salut.

On parlait de choix libre, du droit de chacun de repartir quand il le désirerait, d'exprimer son opinion, même contradictoire, avec celui des dirigeants de la Communauté pourvu que la démarche procède de la seule sincérité.

Mais le principal, c'était la sympathie évidente du jeune moine pour celles et ceux qui depuis quelques jours ou quelques semaines partageaient sa vie.

Mais l'exposé était déjà terminé et il durent se séparer en deux ou trois groupes selon leurs affinités pour réfléchir ensemble à ce que pourrait devenir leur vie en cette communauté.

(à suivre)

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com
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