AMEN : UN FILM QUI FAIT HONTE A l'ATTITUDE DE CERTAINS CHRETIENS FACE AU NAZISME
L'histoire
Dans l'Allemagne nazie. Chrétien protestant, bon mari et bon père de famille Kurt Gerstein est recruté pour ses talents de chimiste par les SS, qui le chargent de combattre la vermine et les épidémies de typhus. Il s'acquitte au mieux de sa tâche, supervisant avec zèle la production de gaz Zyklon B. Ce qui ne l'empêche pas de s'émouvoir auprès du nonce de Berlin de l'euthanasie des pensionnaires des asiles. Il fait à l'occasion la connaissance d'un jeune jésuite, Riccardo Fontana, secrétaire du nonce. Un jour, lors d'une tournée d'inspection dans ce qu'il croit être un camp de travail, Gerstein découvre l'innommable : le Zyklon B est l'instrument de la «solution finale» et des milliers de juifs ont déjà été gazés...
Dans le film de Costa Gravas, l'officier SS, protestant convaincu est connu comme un spécialiste de l'élimination de toutes les sortes de vermines. En ce sens, il intéresse l'armée allemande d'abord pour des raisons d'hygiène, concernant par exemple l'eau potable. Il ne fallut pas longtemps aux chercheurs de la solution finale pour s'intéresser pour d'autres raisons à ses talents.
Il est pourtant scandalisé comme chrétien et comme oncle, puisqu'il a perdu une nièce handicapée mentale gazée comme tant d'autres à l'aide de gaz d'échappement de camions.
Auss s’adresse-t-il d’abord à son Eglise réformée puis au nonce apostolique. Des deux côtés la mise à mort de chrétiens handicapés scandalise et le nonce n’hésite pas à menace les autorités nazies qui prennent peur cette fois et arrêtent au moins provisoirement cette extermination.
S’ils reculent devant ces crimes, c’est pour mieux sauter et réaliser cette solution finale qui hante Hitler et les siens: anéantir le peuple juif.
Les compétences de Gernstein, cette officier SS et chrétien, intéressent passionnément ses supérieurs ; Avec eux et un peu malgré lui, il met au point et perfectionne le gaz Zyklon pour le rendre plus facilement meurtrier et rendre ainsi possible l’extermination de masse.
Tout en étant complice, malgré lui, de ces assassinats dont il est témoin direct, sa conscience de chrétien le pousse à s’adresser en secret à la hiérarchie protestante d’abord qui veut qu’il quitte les SS mais n’accepte pas de protester pour préserver leur église. D’ailleurs beaucoup de chrétiens sont sensibles malgré tout à l’aura du Führer.
Alors dégouté, il se tourne vers l’Eglise catholique et s’impose au Nonce apostolique qui, avant de le refouler, regrette bien entendu ces massacre de juifs mais n’a nullement envie de déranger l’équilibre difficile qu’il tente de nouer avec le pouvoir nazi pour préserver ce qui est possible de la bien de l’Eglise.
Mais un jeune jésuite idéaliste a été scandalisé par l’attitude de son supérieur, il va trouver l’officier SS qui le convainc d’aller alerter le Pape à Rome, d’autant plusque ce jeune religieux appartient un peu à la familledu Souverain Pontife.
Le voici au Vatican où sa famille freine des quatre fers pour l’empêcher de rencontrer le Pape. Mais il finit par réussir. Pie XII gentiment l’écoute puis lui explique à demi-mots qu’il veut sauver autrement les juifs en les cachant au sein de l’Eglise un peu partout en Europe et tout particulièrement à Rome. Ainsi il ménage les chrétiens des persécutions nazies qui les frapperaient sans aucun doute en cas de condamnation solennelle.
Déçu, le jeune religieux, désespéré même et au moment de se retirer se met sur la poitrine l’étoile jaune au grand scandale de l’entourage pontifical.
Il assiste bientôt à l’arrestation et à la déportation de certains juifs de Rome sans que ni l’Eglise ni l’Etat ne l'empêchent.. Alors il décide de faire le grand pas et accompagne les juifs romains dans leur déportation.
Arrivé au camp de la mort, il est démasqué, les SS veulent le renvoyer à Rome, mais lui refuse de se désolidariser de ses frères juifs et puis il affirme qu’il dénoncera ce crime abominable. Alors, avec un regret hypocrite les SS l’envolent rejoindre ses frères israélites dans la chambre à gaz.
Oui ce film, en montrant la politique réaliste mais si éloignée de la ferveur du Christ de Pie XII, que d’aucuns voudraient à tort canoniser. Mais de grâce qu’on ne réédite plus le crime de la canonisation du fondateur de l’Opus Dei que je ne veux pas citer ici tant cette affaire me dégoûte.
Je retrouve un peu dans ce film le thème de la pièce de théatre "LE VICAIRE" qui fit scandale dans les années 50 parce qu'elle mettait en question l'attitude de Pie XII face à la Shoah.
Oui dommage que cet officier allemand, partagé entre ses talents « d’hygiéniste » et de spécialiste du Zyklon et son amour de ses semblables mêmes différents de lui n’ait plutôt rencontre un Bonhoeffer (mort martyr en combattant ouvertement Hitler) ou un Maximilien Kolbe (qui a choisi de mourir de faim à la place d'un condamné marié dans un camp de la mort) tous deux martyrs des Nazis à cause de leur FOI en Jésus Christ qu’on ne retrouve guère dans la Rome de cette fin du Fascisme décadent.
Si l’officier Gernstein a bien existé et est mort pendu (par lui ?) dans une prison des alliés, le jeune jésuite imaginé par Costa-Gavras serait au moins mort, l’étoile juive sur la poitrine, solidaire des juifs, du peuple de Jésus, du peuple élu de la Bible ; j’aurais aimé qu’un autre prêtre de Jésus pour de vrai pousse son amour des faibles, nationaux ou pas, aryens ou juifs jusqu’à embrasser avec eux la mort en rejoignant ainsi le sacrifice suprême du Christ hélas oublié ou masqué par ceux qui, a tort cette fois, croyaient le représenter sur terre alors qu’ils n’étaient souvent que de lâches réalistes, des fonctionnaires dune l'Eglise repliée sur elle-même et non plus des Apôtres de Jésus.
Yvan Balchoy
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