"ETRE LIBRE CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ETRE SOI-MEME" (LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI) - 197
Jésus-Christ était plus armé que quiconque pour résister personnellement aux séduction du Prince de ce monde et rester fidèle à la mission qu’il venait remplir ici-bas.
N’est-il pas le seul homme à la vocation totalement accomplie ?
On pourrait objecter :en se demandant comment l’idéal humain avec lequel l’Homme-Dieu coïncide si intimement n’exerce-t-il pas en fait une sorte de pression sur Lui ? Cette hypothèse, réduisant la liberté du Christ à une forme déguisée de déterminisme, se vérifierait si la relation idéal-réalité s’établissait ici selon le sens normal.
En principe, nous l’avons vu, l’idée divine précède nécessairement l’acte créateur. Tout être libre « qui la porte en lui » sous une forme passive et inamissible est susceptible soit d’y adhérer activement, soit de refuser de lui apporter le concours de sa volonté. Cet idéal humain ne s’impose pas à l’homme du dehors ; on le découvre plutôt en s'enfonçant au plus profond de son « moi ».
-« La loi du Christ, note le staretz, se manifeste par la voix de la conscience. » (1)
(1) « Les Frères Karamazov », page 67
Intérieure, cette loi, norme humaine concrète, n’en n’est pas moins universelle ; on le la crée pas, on ne la modifie pas à volonté (2)
(2) nous ne la qualifierons pas « objective », car nous le verrons, jamais une norme-objet ne sera un idéal valable pour un être personnelle dans la perspective de Dostoïevski.
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Cet idéal, rappelons-le, est une force vivante, qausi organique, et reste toujours étroitement attachée au destin de celui dont il est la fin.
Ainsi idéal et idée divine s’opposent-ils au concept qui en est la réduction intelligible. Il va de soi que la liberté, dynamisme pur a sa place dans l’idéal personnel. Or, elle n’est pas vraiment conceptualisable et ne peut subsister comme « réalité vivante ». Voilà pourquoi l’idéal d’un être personnel ne peut être en fin de compte qu’une personne concrète, libre et vivante.
-« L’amour du prochain n’est pas une loi idéale, mais la loi de notre Idéal. » (3)
(3) « La Carnet de Macha », page 64
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Yvan Balchoy
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