"ETRE LIBRE CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ETRE SOI-MEME (LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI - 107)
Ainsi la voie de l'auto-affirmation conduit à l'impasse ; Stavroguine a beau se prétendre capable de vivre le renoncement monastique malgré sa sensibilité bestiale, il doit reconnaître qu'il ne le veut pas réellement et même ne le voudra jamais. Peut-on encore parler de liberté de choix ? En théorie peut-être, mais la libre volonté paraît chez lui à ce point compromise qu'on peut en douter ; ce qui demeure est surtout l'illusion d'une liberté perdue.
La faute en est à ce maudit orgeuil qui l'empêche d'assumer en sa conscience les deux plans ontologiques statique et dynamique de son être en les "harmonisant" dans le "moi réfléchi".
Incapable dès lors d'accéder à la maîtrise de soi et partant à être lui-même, il reste enfermé dans sa contradiction intérieure et est incapable d'accéder à cette libération que procure l'ouverture à autrui.
A ce mal souvent mortel, il n'est qu'un antidote : subsister à l'orgueil démoniaque l'humilité chrétienne, en d'autres termes renier son pseudo-idéal de divinisation de la volonté et se tourner humblement vers le Dieu vivant.
Tikhone tente d'en persuader Stavroguine :
--- -" Vous avez soif de souffrance et de sacrifice. Et bien, surmontez aussi ce désir : laissez ces feuillets, renoncez à votre dessein (2) et alors vous surmonterez tout, vous écraserez votre orgueil, vous écraserez votre démon. Vous triompherez. Vous atteindrez à la liberté." (2)
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(2) Il s'agit de la publication de sa confession interprétée par Tikhone comme un signe d'orgueil et de mépris envers autrui. ("Les démons", page 748)
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La vraie liberté ne se laisse découvrir que par l'humilité. Elle est un de ses fruits les plus immédiats.
(à suivre)
Yvan Balchoy
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