"ETRE LIBRE CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ETRE SOI-MEME" (LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI - 122)
Les descriptions amoureuses chez notre auteur n’ont généralement rien d’idyllique ; elles ressemblent souvent à une lutte sans merci. La haine y alterne avec une passion sauvage, qui va parfois jusqu’au meurtre.
Comment qualifier autrement l’amour destructeur de Rogojine pour Nastasia Philippova dans « l’Idiot » ou bien encore la passion meurtrière de Versilov pour Catherine Nicolaïevna dans « l’Adolescent » ?
Toutes ces descriptions rappellent avec emphase les scènes violentes qui, sans nulle doute, ont du opposer personnellement l’écrivain à Pauline Souslova. On sait qu’il les a évoquées dans « LE JOUEUR » où l’héroïne a gardé jusqu’à son vrai prénom :
-« Une fois de plus aujourd’hui, je me suis posé la question, Est-ce que je l’aime ? Et, une fois de plus, je n’ai pu répondre ou plutôt, pour la centième fois, j’ai répondu que je la haïssais. Il y a des instants où j’aurais donné la moitié de ma vie (surtout à la fin d e mes entretiens) pour l’étrangler… Je le jure, j’en fais le serment, s’il m’avait été possible d’enfoncer lentement un poignard acéré dans sa poitrine, je crois que je m’y serais délecté. » (1)
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(1) « Le Joueur », page 81
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Les couples heureux sont-ils absents de son œuvre ? Non sans doute, mais ils sont rares. « L’Idiot », « Les Démons », « l’Adolescent », « Les Frères Karamazov » n’en présentent pour ainsi dire aucun.
N’est-ce pas là, une conséquence de l’anthropologie dostoïevskienne qui est à dominante masculine. (2) La femme est souvent objet plutôt que sujet de la tragédie. (2)
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(2) Cf. cependant les réserves que nous formulons page… Cf. également Berdiaëv : « L’esprit de Dostoïevski », page 47.
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Elle est placée, pourrait-on dire, en face du héros à titre de réactif (3)
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(3) Jacques Madaule distingue à ce propos trois types de femmes : les sacrifiées (Sonia), les humiliées, Nastasia Philippova, les dominatrices (Catherine Ivanovna, Aglaé)
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( à suivre)
Yvan Balchoy
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