"ETRE LIBRE CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ETRE SOI-MEME" (LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI - 128)
-« Les peuples se constituent et se développent mûs par une force toute différente, une force souveraine, dont l’origine reste inconnue et inexplicable… Cette force est le désir inextinguible d’aboutir à une fin et la négation en même temps de cette fin. Cette force est l’affirmation persistante et infatigable de l’être et la négation de la mort. » (1)
»Les démons », page 264-265
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Autrement dit, la vie d’un peuple, semblable à celle d’un individu, est un effort permanent en vue de réaliser un idéal, joint au sentiment de la certitude que le résultat atteint ne correspondra jamais à cet idéal. L’essence d’un peuple est donc constituée par l’adoration et la poursuite communautaire de son idéal. (2) Ce but final, Dostoïevski l’identifie aux « sources d’eau vive » dont parle l’Apocalypse., au principe esthétique ou moral cher aux philosophes, mais surtout à la recherche de Dieu, commune à toutes les religions. (2)
« Les démons », page 265
Si à l’origine de chaque groupe ethnique, il y a toujours une « idée » ayant pour fin d’engendrer un peuple, elle doit se fixer en un sol qui, lui aussi, se caractérisera dans le concert des nations. Tout vrai peuple est profondément enraciné en une terre à laquelle il communie entièrement. Un lien intime unit en effet chaque peuple à la terre qu’il habite. Il existe même une « sorte de relation chimique » entre l’esprit humain et la terre natale, note l’écrivain à propos de Pouchkine.
De même que beaucoup de ses contemporains, en particulier les slavophiles, Fédor Mikhaïlovitch voyait en effet dans le peuple un phénomène religieux. C’est ce qui différencie essentiellement à se yeux le peuple des autres groupements humains, en particulier de « la société ». Celle-ci vise en premier lieu l’organisation sociale, unis par des préoccupations d’ordre matériel, rational ou utilitaire.
Le terme « Obchtchestvo » désigne chez lui parfois les classes aisées qui ont perdu la foi spirituelle de leur peuple.
( à suivre)
Yvan Balchoy
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