"ETRE LIBRE CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ETRE SOI-MEME" (LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI) - 157
Sa liberté, signe de ressemblance divine, loin de l’opposer à Dieu et à sa toute puissance en est au contraire le plus beau fruit. Si Dieu existe et s’il le Père aimant dont il est question dans l’Evangile, l’homme alors existe lui aussi bien réellement, sa liberté n’est pas une illusion vaporeuse, car elle tire sa réalité de la liberté infinie. (1)
« Carnet des Frères Karamazov », page 881
Ainsi liberté humaine et liberté divine s’impliquent naturellement, la première étant, bien entendu, engendrée par la seconde.
b) Le Dieu Créateur, le monde et l’humanité
Ainsi la vision chrétienne de la paternité divine a aidé Dostoïevski à reconnaître une conception de Dieu qui ne réduit pas la condition humaine à l’esclavage. Il reste à préciser la relation qui, selon lui, existe entre Dieu et le cosmos.
A cet égard une certitude amène graduellement l’écrivain, se détachant peu à peu du panthéisme idéaliste à la conviction que Dieu n’est lié en rien à cet univers hiérarchisé, issu de Lui, car « Il donne à tous dans la Liberté (SVOBODA). » (2)
« Carnets des Frères Karamazov » page 881. La majuscule qui affecte ici le terme Liberté suggère clairement qu’elle s’applique à Dieu.
La naissance de l’univers s’apparente à un don, forme privilégiée de l’amour et de la liberté. On voit qu’en 1879, deux ans avant sa mort, Dostoïevski a résolument surmonté l’alternative où il s’est si longtemps débattu, celle d’un homme esclave devant un Dieu despote ou d’un dieu inerte face à un homme responsable. En adhérant au Christ, il découvre que le monde et toute la Création est avant tout un don d’amour de Dieu.
Yvan Balchoy
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