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Publié par BALCHOY

 

 

Ce ne sont pas des miracles évangéliques que le pieux vieillard veut détourner l’esprit, mais de ceux qu’on réclame, comme conditions de la Foi. En transformant la vérité personnelle en vérité abstraite et contraignante, de tels prodiges détruiraient la Foi.

Il faut retourner les données du problème :

     ‘A mon sens, les miracles ne troublent jamais le réaliste, car ce ne sont pas eux qui inclinent  à croire. Chez le réaliste  ce n’est pas la Foi qui nait du miracle, c’est le miracle qui nait de la Foi. Si le réaliste acquiert la Foi, il lui faut en vérité de son réalisme admettre aussi le miracle (1)

« Les Frères Karamazov », page 24

Un tel raisonnement n’étonne guère un lecteur familier de Dostoïevski, car il se situe dans la ligne de toute son œuvre, surtout de « La Légende du Grand Inquisiteur ».

Jésus a refusé le miracle destiné à provoquer la Foi, mais il a répondu à tous ceux qui, animés par elle, lui ont demandé qu’elle se manifeste, ce qui est tout différent.

Il a refusé de changer les pierres en pain au désert et de descendre de la croix pour obtenir un succès facile, mais il n’a pas hésité à accorder le miracle de la multiplication des pains à ceux qui l’avaient suivi avec Foi au désert.

Seule la personne libre du Christ, qui n’est perceptible que dans la liberté est à même de donner à la Foi du fidèle le force de manifester miraculeusement le monde spirituel Une Foi qui reposerait sur une certitude d’ordre rationnel ou mathématique serait inconciliable avec la personne libre et libératrice du Christ.

La Foi peut-elle subsister sans contenu analysé ? Oui, pensait Dostoïevski, entre autres chez le peuple russe qui croit au Christ sans être le plus souvent capable de formuler intellectuellement l’objet de son amour et de ses aspirations :

     « Notre peuple ignore ses prières, mais l’esprit du Christianisme, son âme et sa vérité sont enracinés en lui » (2) Le peuple russe est orthodoxe dans son énorme majorité et il vit de l’idée de l’orthodoxie dans sa plénitude, bien qu’il ne comprenne pas cette idée d’une façon consciente et scientifique. (3)

»JJ        "Journal d’un écrivain », mars 1877, page 480-481

« Journal d’un écrivain » 1881, page 619-620 (éd. Française)

Cf. également l’épisode du paysan Mareï dans le même « Journal d’un écrivain », fév. 1876, page 287-289

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Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com


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