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Publié par BALCHOY

Une telle adhésion demeure cependant imparfaite parce qu’incomplète ; la saisie de l’idéal personnel doit se réaliser au niveau de toute la vie et donc se transcrire au registre intellectuel. (1)

Dans les « Notes d’hiver sur des impressions d’été » se lit cette remarque symptomatique sur la fraternité. « En quoi consisterait la fraternité si on la transcrivait dans une langue raisonnable. » (page 136 de l’édition française)

 

En revanche, une Foi qui ne serait qu’intellectuelle serait insuffisante puisqu’elle ne serait qu’une abstraction incapable de libérer. L’amour de l’humanité, par exemple,  ce condensé de la morale chrétienne en tant qu’idée est une des choses les plus inaccessibles à l’esprit humain. (2)

« Journal d’un écrivain », décembre 1876, page 422 « La vie est préférable à la connaissance de la vie. »

La Foi ne sera appelée directe et vivante  que si elle réalise une saisie organique, c’est-à-dire intégrale de l’Idéal-Christ personnalisé. A la racine de l’adhésion intellectuelle, il y a toujours l’acquiescement de l’affectivité et surtout de la volonté. Les vertus théologales ne sont pas des entités indépendantes, leur similitude ne vient pas .seulement de ce qu’elles s’adressent toutes trois à Dieu.

Envisagées à partir de l’homme elles apparaissent en continuité vitale. Sous la compréhension intellectuelle qui apparaît en premier, gît le consentement de la volonté, premier pas de ce qui deviendra peut-être un amour parfait.

Ne croient que ceux qui désirent et veulent résolument croire.

 

     « L’apôtre Thomas déclara qu’il ne croirait pas avant d’avoir vu ; ensuite il dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Était-ce le miracle qui l’avait obligé à croire ? Très probablement que non : il croyait parce qu’il désirait croire et peut-être avait-il déjà la Foi entière dans les replis de son cœur lorsqu’il déclarait « Je ne croirai pas avant d’avoir vu. » (3)

« Les frères Karamazov », page 24

Thomas a cru parce qu’il voulait croire ; la vue de Jésus ressuscité fut pour lui la réponse attendue et même secrètement désirée. On pourrait dire qu’il croyait parce que la vision du ressuscité lui a révélé qu’il voulait effectivement croire.


 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com


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