LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (333)
Pour les nations, là où n’existe pas un tel accord, il reste, selon lui, à’œuvrer vers ce but, selon l’esprit même de l’Evangile, puisque seul le Christianisme est susceptible de mettre sur pied la solution sociale efficace.
Le salut social ne relève pas de solutions industrielles mais s’obtient par la « régénération morale » liée à l’esprit du Christ. (1)
(1) "Carnets des Démons ", page 949
Le Christianisme contient « toutes les solutions pour le monde (2) tandis que la science ne peut satisfaire les exigences morales pas plus qu’elle ne répond aux questions essentielles. (3)
(2) Idem, page 960
(3) Idem, page 950
Il est important d’envisager quels sont les moyens légitimes, utiles ou nécessaires à exclure dans tous les cas, en vertu des droits et des devoirs imprescriptibles de la personne humaine.
- L’Etat et les limites de son pouvoir judiciaire.
Il est intéressant de confronter ici notre auteur à son contemporain, Léon Tolstoï, car Fédor Mikhaïlovitch l’a fait lui-même dans le "Journal d'un écrivain" à propos d'Anna Karénine.
On sait que le vieillard de ïasnaïa Polnia rejetait à la fin de sa vie tout pouvoir judiciaire de l’Etat, guidé en cela par sa philosophie del'Histoire qui réduisait considérablement le rôle de la liberté humaine
Se faisant l’avocat d’un Christianisme désaffecté de toute transcendance, le comte Tolstoï finit par préconiser la non-violence absolue.
Aussi le vit-on lutter, par la plume, pour obtenir des mesures, considérées en son temps comme utopiques mais qui, aujourd’hui, jouissent parfois d’un certain crédit : refus de toute guerre même défensive, suppression des tribunaux, ouverture générale des prisons autant politiques que de droit commun.
En tout cela, il était pleinement logique avec ses principes. Pourquoi condamner un homme, fût-ce un grand criminel, si on ne le considère que comme la victime de forces obscures sur lesquelles il ne peut rien.