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Publié par BALCHOY

 

 

En quittant Solidaire, vendredi dernier, j’ai trouvé un excellent roman russe sur la dernière guerre mondiale provenant de la bibliothèque personnelle du regretté Ludo Martens.

 

 

Je l'avais choisi à partir d'un simple paragraphe qui me rappelait un épisode cher de ma vie.

 

Voilà pourquoi je choisis alors un livre de guerre de E. Kazakévitch : « Le Printemps sur l’Oder » Roman qui obtint le prix Staline en 1949.

 

J’en lus dans mon train de retour quelques passages que je comparai mentalement aux livres que j’avais lus après la guerre concernant la victoire des Alliés sur les Nazis.

 

Ce qui m’a frappé tout de suite, c’est, contrairement aux idées préconçues, la manière dont les soldats russes, en ce récit,  distinguaient soigneusement le peuple allemand victime d’une idéologie barbare et  ses leaders fanatiques responsables du malheur de leur pays.

 

Voici quelques petits extraits de ce roman  publié en français en 1952 aux Editions. "En langues étrangères." de Moscou.

 

********************

 

    « -« Loubentsov, à la vue de tous ces hommes esquintés et amaigris, les antifascistes allemands, étaient heureux à l’idée même qu’ils existaient. Ils existaient, ils luttaient, la Gestapo de Himmler ne les avait pas brisés, l’ivresse nationaliste ne leur était pas montée à la tête, les victoires de l’Armée rouge ne les avaient pas découragés.

 

Plotnikov leva son verre et prononça ce toast :

 

-Pour l’Allemagne ! Buvons camarades pour l’Allemagne que vous représentez.

Franz Ewald, levé d’un bond déclara :

-         Pour nos libérateurs ! Pour L’Union Soviétique ! Pour le camarade Staline ! »

(Page 485)

 

 

 

« .

 

 

« Maintenait, les drapeaux rouges flottaient partout, mêlés aux drapeaux blancs, symboles de la capitulation. A la vérité, Ewald regardait d’abord la capitale détruite avec une certaine joie maligne ; voilà à quoi menait la domination de ce crétin présomptueux et de ses suppôts !

Mais ce sentiment aussitôt fit place à une profonde pitié pour les femmes décharnées qui erraient par les rues, les enfants blêmes et malingres qui, malgré tout, s’intéressaient vivement aux évènements en cours, les mornes prisonniers qui traînaient en longues théories par la Blücherstasse vers le sud, pour l’ensemble du peuple martyr. »

 (Page 554)

 

 

« Les soldats américains et surtout le Nègre qui était parmi eux, regardaient les Allemands avec haine...

 

Son regard s’arrêta un instant sur Bürke, et, avec un mince sourire, il demanda en allemand :

« Et bien, messieurs ? vous vous êtes arrachés des mains des Russes ? Vous avez de la chance…

S.S. ?

Non, répondit Bürke…

-On sait ce que c’est, allez, fit l’américain gaiement…Les allemands entrèrent dans une petite maison à la lisière du village. Il y traînait des vêtements civils et Lindemann leur dit d’une voix rapide « changez-vous. »

 

(page 547)

**************************

 

« En débouchant sur la route les soldats russes furent témoins d’un spectacle peu ordinaire.  Le major Loubentsov serrait vigoureusement la main d’un Allemand, vêtu d’un uniforme usé et à la face aussi mangée de poils que tous les autres. A leur grand étonnement, le chef de la section politique… s’approcha de cet allemand et lui donna à son tour une poignée de main aussi vigoureuse et amicale. « 

(page 469)

 

 

 

***********************

 

« Et les allemands, qu’est-ce que tu penses, toi ? Je pense qu’il faut en user avec eux avec plus de calme. Je veux dire envers les civils. Comme si ce n’étaient pas du tout des Allemands…mais des gens quelconques. »

 

(page 63)

 

 

 

 

yvanbalchoy13@gmail.com

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