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Publié par BALCHOY

 

 

 

Quand Ghislain franchit le porche de son domicile, il trouva Ria et les enfants en train de débarrasser la table du souper. Sans faire aucune allusion à son retard, Ria, lui tendit ses bras et ses lèvres en s’adressant à ses enfants : « voilà Papa, embrassez-le bien, car il est sûrement fatigué après une journée de travail ».

 

Ghislain se pencha, un peu distraitement, il le constata à sa honte, vers ses deux petites têtes un peu étonnées de revoir le visage de leur père qui, des mois durant, avait été celui dont on parle tous les jours sans jamais plus le voir.

 

Bien vite, les enfants rejoignirent avec leur maman leur chambre. Elle commençait par réunir les deux enfants dans la chambre de l’un d’eux pour leur lire une histoire apaisante en l’inventant sur place ou en la récitant à partir d’un livre sur lequel les petites mains suivaient avec attention de leurs doigts nerveux les illustrations au fur et à mesure que leur maman qui avait un vrai talent pour donner vie à ce qu’elle racontait à ses enfants chéris.

 

A la fin, une fois que chaque enfant reposait calmement dans son lit,- c’était aussi un rite de Ria - , elle appela son mari pour donner un dernier baiser avant le grand dodo.

Ghislain redescendit lentement avec son épouse, ils s’assirent ensemble sur le divan face à la TV où ils suivirent, lui avec grande attention, Ria avec moins d’intérêt, les « Cinq dernières minutes » une pièce policière très à la mode.

 

Une fois l’assassin découvert et arrêté, Ria exprima sa fatigue et son désire d’aller la première à la Salle de bain tandis que Ghislain jetait un coup d’œil distrait d’abord, puis plus intéressé sur la « Libre » qui trônait sur le plateau de la presse.

 

Quand, en robe de chambre, le biologiste termina un article qui l’énervait un peu sur les querelles linguistiques concernant quelques villages des environs de Liège, à majorité francophone, mais que pour des raisons d’équilibre malsain, on avait décidé de rattacher à la Flandre manifestement contre la volonté de la majorité de ses habitants. Le bourgmestre francophone, personnage à cette époque, un peu excitant, était parfois présenté comme une sorte de Robin des Bois  aux prises avec un gouvernement central alors aux mains de la Flandre.

 

La toilette de Ghislain fut assez brève, brossage des dents et quelques pscht pscht sous les aisselles et en quelques endroits sensibles de son corps. En se déshabillant, il ne put s’empêcher de penser à sa petite amie Liégeoise et aussitôt une excitation un peu malvenue à ce moment et à cet endroit, réveilla son corps endormi...

 

 Cinq minutes après son entrée il monta à son tour l’escalier pour rejoindre Ria en leur chambre à coucher.

 

Son épouse lisait une revue féminine, il se glissant adroitement à sa droite, bien qu’il n’ait aucune envie de lire en cette fin de journée, il saisit du bout des doigts le roman Agustinho de l’écrivain italien Moravia. Le passage du roman sur lequel il tomba le ramena vite à Marthe et au désir un peu imprécis qui l’excitait.

 

Quelques instants plus tard, Ria referma sa revue, la déposa soigneusement sur sa table de nuit, lui proposa d’éteindre, ce à quoi Ghislain acquiesça sans peine tandis que son épouse se tourna vers lui pour le saluer mais Ghislain en ce moment avait besoin de bien autre chose qu’un distant et routinier bonsoir;  Il entoura le buste de sa femme et l’attira doucement vers lui. Un peu étonnée, mais appréciant cette offre, celle-ci lui offrit sa bouche au lieu de sa joue et se serra très fort contre lui.

 

Ils ne se dirent rien, mais leurs mains à tous deux leur tinrent lieu d’éloquence, et bien vite la main de Ghislain se glissa timidement mais fermement vers le sein de Marthe dont il sentit de suite en touchant leur mamelon leur excitation. Elle se contenta de légers attouchements par-dessus son pyjama  sur certaines zones du corps de son époux dont elles connaissaient bien le pouvoir érogène. 

 

Bien vite, les côtés du litse couvrèrent de vêtements rejetés comme totalement inutiles, tandis que chacun de leur corps devenait une sorte de « terra ignota » à découvrir comme si elle était vierge, ce qui pourtant n’était plus le cas depuis longtemps.

 

Quand Ria, ouvrit sans réticence, ses jambes pour accueillir la fougue énergique de Ghislain qui lui enserrait les fesses avec force comme pour mieux se maintenir enchâssé dans ce beau et doux corps qui s'ouvrait à lui en  lui donnant tant de plaisir.

Bientôt ce mouvement de va et vient qui les unissait de corps et d’esprit s’accéléra graduellement chez tous deux vers cette apothéose qui allait les arracher un instant l’un à l’autre en leur procurant cette humide jouissance si neuve, si explosive chaque fois. 

 


Mais cette fois Ghislain eut beau caresser du bout des doigts le plus intime le plus excitant du joli corps de sa femme, il ne réussissit pas à aboutir à ce climax venu du tréfonds de ses reins qui lui annonçait brusquement le jaillissement de sa sève.

 

Il se sentait comme bloqué et ce n’était pas le mouvement de plus en plus accélérés de leurs corps qui suffisait à solutionner le problème.

 

Cela devenait gênant à la longue et brusquement il sentit que, s’il voulait éjaculer,  il lui fallait opérer une sorte de révolution mentale qui le rapproche de sa rencontre de tout à l’heure avec Marthe. 

 

Il eut à peine le temps d’imaginer le déshabillage de son amie sculptrice pour que s’ouvrent en grand les vannes de son sexe qui le comblèrent en même temps que Ria qui peut-être commençait à s’impatienter quelque peu.

 

Ils restèrent tous deux , un long moment, enfin immobiles, contents de cette conclusion autant corporelle que mentale et Ghislain,ne fut pas long à oublier cette pointe de culpabilité ressentie en pensant à la manière peu orthodoxe  dont il avait conclu leur étreinte ;  il couvrit alors de petits bisous le corps de sa femme, heureuse de retrouver, ce soir-là,  son Ghislain d’autrefois qu’elle avait cru si loin d’elle.

 


 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

 


 

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