Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Archives

Publié par BALCHOY

 

 

Tu as raison, Ria, tout vaut mieux que continuer à « faire semblant » tout en étant tous les deux bien au courant de ce qui se passe entre nous.

Depuis mon escapade en France et même, je dois bien l’avouer, un peu avant, j’ai rencontré une nouvelle amie, qui peut-être d’ailleurs, je le pense sans en être sûr, une très ancienne amie ; entre elle et moi, un lien s’est immédiatement forgé.

Oh, j’ai bien essayé tout au début de résister, car je tenais, comme je tiens toujours à notre famille, mais, je l’avoue, dans ce domaine je suis plus velléitaire que volontaire et j’ai vite capitulé en me croyant assez fort pour mener parallèlement notre couple avec mon attachement à elle.

Tu as raison,  cette solution est, à la longue la pire en nous faisant tous souffrir.

 Aujourd’hui, je veux enfin être franc avec toi et encore je dois reconnaître que c’est sous ta pression que je le fais.

 

Je ne puis ni ne veux d’ailleurs renoncer à partager de plus en plus la vie de cette amie qui bouleverse ma vie.

Tu me sommes, gentiment de choisir, tu as raison.

 

Tu es mon épouse, tu n’as rien à te reprocher car tu as toujours fait le maximum pour me rendre heureux. Même si, pour des raisons qui te sont étrangères, tu n’as pas réussi, c’est plus ma faute que la tienne.  Sans avoir nullement l’intention pour ma part de divorcer officiellement, à moins que tu me le demandes, je voudrais que tu restes, toi la mère de mes enfants, une grande amie dans ma vie et  que nous continuions à nous voir non seulement pour continuer à aider nos enfants à bien démarrer dans leur vie mais aussi pour nous retrouver de temps en temps comme peuvent le faire deux amis, de surcroit père et mère  en commun.


Je pense donc, dans un délai proche te, pardon vous quitter au quotidien pour rejoindre celle que j’aime aujourd’hui plus que tout.

 

Je reste bien sûr le père de nos enfants et je voudrais que tu me permettes à des moments choisis par toi de revenir ici de temps à autre pour donner une sorte de continuité à notre vie commune vis-à-vis d’eux et bien sûr de toi.

J’ai un peu honte de parler ainsi, je ne présente pas cette solution boiteuse comme définitive, sûrement pas. J’espère réussir avec Marthe à créer un foyer non seulement créatif mais paisible ou harmonieux où je pourrais les accueillir à tour de rôle. Mais, je veux être franc, je ne me sens pas de taille à le faire aujourd’hui.

 

Pardonne-moi, je t’en prie, ce langage sincère certes mais non exempt de lâcheté et si tu as envie de me rejeter fâchée, je ne puis te blâmer.

 

Marthe, avait écouté son mari en silence, un peu plus pâle que d’habitude, les yeux brillants, presqu’à la limite des larmes mais manifestement elle faisait face et après une bonne minute entre eux, lourde comme ces minutes de silence  qui scellent un deuil ou une catastrophe, les yeux dans les yeux de son mari, elle reprit la parole :

 

« Ghislain, mon chéri, pardonne-moi, mais dans mon cœur, malgré ce que tu viens de me dire, tu l’es toujours, ce que tu viens de me dire ne m’étonne pas, je le sentais venir même si j’avais envie de me boucher les oreilles de mon cœur en espérant un revirement de ta conduite.

 

Je te l’ai déjà dit ou suggéré tout au moins, je ne veux pas confisquer ta liberté, si dure soit-elle pour moi. Je sais que si j’ai une chance de te retrouver un jour, ce ne sera qu’à travers la médiation de cette libre volonté qui hier nous a rapprochés si merveilleusement et qui aujourd’hui me demande le plus grand sacrifice de ma vie.

 


Va rejoindre ton amie,  et quand tu voudras nous revoir et montrer ton affection à tes enfants, reviens ici ;  je n’ai pas l’intention, pour l’instant en tout cas, de te remplacer, je t’aime. Je pense que même te revoir fugitivement sourire avec nos enfants me rendra sinon ma joie d’hier au moins le  plaisir de te revoir de temps.

 


Je veux te le redire, je t’aime trop pour te forcer à vivre de tristesse avec moi dans ce qui ne serait plus une vraie famille mais suffisamment pour garder au fond de moi une lueur d’espoir qu’un jour, peut-être ou jamais, nous pourrions nous retrouver plus pleinement qu’aujourd’hui ».

Ce soir-là, Ghislain se contenta d’embrasser sur le front son épouse, il n’avait pas envie de prolonger de mots inutiles, un dialogue si tranchant et ils montèrent se coucher comme si rien ne s’était passé entre eux ce soir-là.

 

Yvan Balchoy

 

yvanbalchoy13@gmail.com

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article