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Publié par BALCHOY



J'avais beau dire à ce sous-préfet, And. que dans la sous-préfecture de Rochechouard, on nous défendait de nous en aller, il nous affirmait mensongèrement que toutes les routes étaient libres et que nous n'avions besoin d'aucun papier.

Bref on se payait notre tête, et le seul but de ces manoeuvres était de mettre des obstacles à notre rentrée en Belgique. J'en cherchai le pourquoi et je crus qu'il fallait le trouver dans l'attitude des Allemands qui laissaient passer les Belges à la ligne de démarcation et retenaient les Français.

Il y eut en effet, pendant des semaines, des milliers de pauvres français qui furent immobilisés sur les routes avec leurs autos dans des conditions les plus dures au point de vue ravitaillement et je pense que les français se vengeaient sur nous en nous empêchant de partir, en parquant les Belges avec plaisir ou en leur défendant de partir du lieu de résidence. Je note que dès le commencement de juillet, les Magnel et les Storrer (1) étaient passés à Oradour munis

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Jeanne storrer était la fille de Léon Legrand et donc ma tante.
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d'un laisser-passer leur délivré par les Allemands, et ceux-là, les français n'osaient pas les arrêter grâce à la crainte que leur imposait l'Allemand. Je leur conseillai de se diriger vers Saint-Aignan tout en me demandant s'il ne leur arriverait pas d'incident, et si les français entre Ouradour et Saint-Agnan se montreraient aussi têtus que ceux entre Bordeaux et Oradour.

J'appris que le passage s'était fait sans aucune difficultés, par des lettres que Jeanne réussit à m'écrire de Saint-Aignan et d'Orléan mais ces lettres eurent un certain retard, surtout celle de Saint-Aignan parce que sur celle-ci, Jeanne avait indiqué son adresse inexactement ainsi que son département. Je n'allai pas moins de huit à neuf fois à Limoges et y assistai à plusieurs réunions de parlementaires.

On était une trentaine car les autres s'étaient égaillés un peu partout. J'assistai notamment à une séance où vinrent s'expliquer Messieurs Gillon et Van Cauwelaert qui avaient disparu assez brusquement de la circulation.  Ils avaient fait un long circuit dans le midi de la France, et en Espagne même, et nous arrivaient de Vichy. On y parla de la fameuse déclaration de Limoges, tous reconnaissaient que les Belges avaient été trompés par Monsieur Reynaud quant aux circonstances dans lesquelles s'était faite la capitulation.

(à suivre)

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com


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