MON EXODE EN 1940 RACONTE PAR MON GRAND PERE (48)
Malheureusement nous ne pûmes entrer à Fontainebleau et l'on nous fit faire de nouveau un immense crochet pour arriver enfin à Melun où l'on nous fit stopper et l'on nous dirigea sur une immense usine dont la cour était remplie de voitures Belges et Françaises et où siégeait un poste allemand.
Là, on nous indiqua l'itinéraire à suivre pour arriver en Belgique. Nouveau désenchantement. On devait rentrer par Mons ce qui allongeait notre parcours d'environ cinquante kilomètres mais en même temps on nous délivrait un bon d'essence pour soixante litres à prendre dans un bateau qui devait arriver vers quatre heures.
Nous allâmes nous ranger le long du fleuve, mais devant nous s'alignait une file interminable de voitures et Dieu sait quand le bateau arriverait. Léon qui ne tenait plus, souffrant de la gorge, et marquait une forte fièvre aussi; abandonnant les soixante litres, je décidai qu'il fallait gagner sans tarder la ville de Meaux où je m'imaginais pouvoir trouver plus facilement à loger. Nous arrivâmes à Meaux vers les quatre heures ou quatre heure et demie.
Au bout du pont, un agent nous conseilla d'aller vers l'hôtel de la garde situé sur une magnifique place arborée et à proximité du grand parc que j'aurais admiré en d'autres circonstances. L'hôtel de la gare qui devait être bien tenu en d'autres temps, ne pouvait que nous loger.
Les propriétaires venaient eux-mêmes de rentrer et avaient été pillés. Léon se mit au mit ; il avait une angine blanche.
(à suivre)
Yvan Balchoy
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