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Publié par BALCHOY

A Montargis, je n'eus guère l'occasion de prendre d'autre contact qu'un contact fort désagréable avec l'hôtelier brutal et grossier, chez qui nous avions échoué. Non seulement, on était mal reçu, mais il ne voulut pas accepter le garage des voitures dans sa cour à moins que nous ne logions pas dans les voitures...

Or, comme nous n'avions pas de logement pour tout le monde, il fallait bien laisser les voitures sur le rue, ce qui n'était rien moins que désagréable dans une ville où nous ne connaissions personne, remplie de troupes et sans compter le désarroi moral dans lequel nous nous trouvions à cause de la petite de Léon.

De Montargis à Melun, nous n'avons pas encore eu l'occasion d'obliquer ; nous nous contentions de suivre les itinéraires allongés qui nous étaient imposés. A Melun, nous fûmes en contact avec un poste français qui nous conduisit, comme je l'ai dit, vers le garage où siégeaient des Allemands. Les Allemands eux-mêmes furent aimables sans plus ;  il est vrai qu'étant donné l'état de fièvre de Léon, je ne désirais qu'une chose, me sauver.

Même impression pénible à Meaux ; il est vrai que cette ville avait beaucoup souffert, quantité d'immeubles étaient encore abandonnés, et beaucoup d'habitants venaient à peine de rentrer. On se trouvait donc là dans de mauvaises conditions pour pouvoir émettre un jugement.

Une chose qui nous a frappé au retour, c'est qu'à part Giens, et à Meaux,  nous n'avons vu nulle part depuis Bourges traces sérieuses de bataille et, n'était la file de véhicules que l'on rencontrait sur les accotements de la grand route, personne n'eut pu se douter que la guerre venait de passer par là.

Les campagnes offraient leur aspect habituel et nulle part, on apercevait de cratères de bombes. Nous eûmes l'impression qu'à partir d'un certain moment la guerre ne fut plus qu'une promenade militaire.

Il paraît que Soissons et les autres localités du Nord avaient beaucoup souffert, mais nous n'en vîmes rien par la rue que l'on nous fit suivre pour trouver Soissons.

J'étais heureux de rentrer en Belgique. Je n'étais pas brillant comme santé, mais j'avais enfin des nouvelles de mon fils, il était prisonnier, mais c'était déjà pour moi une consolation d'autant plus qu'on nous faisait croire au retour prochain et massif des prisonniers, mais j'avais un autre sujet de préoccupation.

(à suivre)


balchoyyvan13@hotmail.com
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