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Publié par YVAN BALCHOY

Thomas Bauder, Serge Nedjar, Gérald-Brice Viret et Maxime Saada lors de l’audition de CNews par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) à Paris, le 15 juillet 2024. © Photo Eric Tschaen / REA

Thomas Bauder, Serge Nedjar, Gérald-Brice Viret et Maxime Saada lors de l’audition de CNews par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) à Paris, le 15 juillet 2024. © Photo Eric Tschaen / REA

https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/150724/devant-l-arcom-cnews-s-accroche-son-modele-de-chaine-d-opinion

MÉDIAS

Devant l’Arcom, CNews s’accroche à son modèle de chaîne d’opinion
Candidats au renouvellement de la fréquence de la chaîne d’info, les dirigeants de CNews ont refusé de s’engager à augmenter la part de l’information brute et à faire mieux en matière de pluralisme, confirmant ne pas s’envisager autrement que comme une chaîne d’opinion. 

Yunnes Abzouz

15 juillet 2024 à 20h46

 
 
À peine une semaine après avoir tenté de défendre devant l’Arcom la candidature au renouvellement de sa fréquence de la chaîne la plus sanctionnée du PAF, C8, les dirigeants de Canal+, Maxime Saada en tête, sont venus ce lundi 15 juillet plaider la cause d’un autre canal régulièrement épinglé pour ses dérapages racistes et autres entorses déontologiques, CNews. 

Comme la semaine précédente pour C8, l’équipe de choc dépêchée par Vincent Bolloré pour sauver ses fréquences a tenté de repeindre CNews en chaîne pluraliste, soucieuse de respecter ses obligations conventionnelles, qui rend « l’information accessible à tous » et « ne prétend pas former l’opinion publique, mais l’informer ». Tout comme la semaine passée, l’état-major de Canal+ a cru s’en tirer à bon compte en déroulant une présentation flatteuse, accompagnée d’un clip qui évite soigneusement d’évoquer les quatorze sanctions visant la chaîne prononcées depuis 2019.

Pas plus tard que mardi dernier, le régulateur de l’audiovisuel infligeait à CNews deux amendes de 60 000 et 20 000 euros, la première pour avoir laissé deux invités marteler que « l’immigration tue » sans réagir, la seconde parce qu’un autre invité avait contesté l’origine humaine du réchauffement climatique, pourtant objet d’un consensus scientifique, sans être repris.  


« En matière de diversité, CNews est l’exemple type de ce qui se fait de mieux en chaîne d’info », a même osé le patron de la chaîne, Serge Nedjar, mettant en avant les nombreuses incarnations féminines de l’antenne. Les observateurs qui dénoncent depuis plusieurs années la métamorphose d’I-Télé en chaîne d’opinion, caisse de résonance des paniques morales de l’extrême droite, ne seront pas dupes. Les membres du collège de l’Arcom ne le sont pas davantage.

Pendant 1 h 30 d’une audition assez tendue, ils ont rappelé le chapelet d’amendes, de rappels à l’ordre et de mises en demeure dont la chaîne a écopé, et insisté sur la distinction entre information brute et débat, que les dirigeants de la chaîne ont contesté, préférant l’emploi du terme « d’informations développées » pour désigner ces discussions à sens unique dont le média a fait sa spécialité. 

Hervé Godechot, membre du collège de l’Arcom, a lancé la première charge. « CNews est une chaîne d’information », a-t-il commencé par rappeler, avant d’égrener les nombreuses interventions de l’Arcom auprès de la chaîne pour « des encouragements au comportement discriminatoire, manque d’expression des différents points de vue, incitation à des comportements dangereux, délinquants, inciviques, maîtrise de l’antenne, et surtout honnêteté et rigueur de l’information ». Comment CNews compte-t-elle s’y prendre pour empêcher l’inévitable de se reproduire ?

Des mesures cosmétiques pour rassurer (ou pas) l’Arcom 
Avant de présenter quelques engagements vagues, les dirigeants de CNews ont tous tenu à relativiser les accrocs systémiques de la chaîne. Il s’agit avant tout de « quelques manquements », a souligné Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+, « des maladresses, des problèmes » pour Serge Nedjar, représentant 0,012 % du temps d’antenne sur les 6 500 heures de direct par an. Des « sorties à l’excellence » journalistique de CNews, selon le directeur de l’information, Thomas Bauder. 

Mais puisqu’il faut bien rassurer les membres de l’Arcom et ne pas trop renvoyer l’idée que Canal+ prend ce processus de renouvellement des fréquences pour une formalité, l’attelage bolloréen est venu avec quelques promesses dans ses mallettes. La semaine passée, Maxime Saada s’était engagé à diffuser « Touche pas à mon poste », l’émission de Cyril Hanouna, avec un léger différé de 15 à 45 minutes. Une proposition semble-t-il improvisée à la dernière minute, puisqu’elle n’apparaît pas dans le dossier de candidature de C8. 

Cette fois, Bauder et Nedjar se sont engagés à « muscler le service juridique » et recruter des journalistes, notamment au service police-justice, pour « donner plus de qualité à nos informations ». Le duo à la tête de CNews a aussi assuré avoir instauré cinq niveaux de validation de l’information afin de garantir qu’aucune info non vérifiée ne passe à l’antenne.

« Serge et moi sommes dans l’opérationnel. Nous pouvons appuyer, donner des instructions et des ordres », a insisté Thomas Bauder, tandis que Serge Nedjar a décrit le système de « l’intercom » par lequel il lui suffit d’appuyer sur un bouton pour passer ses consignes depuis son bureau à la régie et modérer les propos outranciers. 

« Les personnes sur le plateau que nous invitons et dont les paroles sont malvenues et inacceptables ne reviennent plus sur les plateaux », a également glissé Serge Nedjar, oubliant peut-être qu’Éric Zemmour avait sévi plusieurs années sur son antenne, alors qu’il avait déjà plusieurs fois été condamné pour provocation à la haine religieuse et à la discrimination raciale. 

NOTE D'YVAN BALCHOY

Si CNEWS était une vraie chaîne d'information, ça se saurait. Je parlerais pour ma part  soit de chaîne de tentative de conversion à l'extrême droite et à son racisme viscéral, soit une chaîne de DESINFORMATION qui n'est pas légitime à la place où elle est dans l'offre d'information disponible pour les Français. (et je l'écoute !!!)

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