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Publié par POESIE-ACTION

Ce mardi 12 mai 2026, Bruxelles a une nouvelle fois vibré au rythme de la colère sociale. Sous un ciel gris typique de la capitale européenne, entre 40 000 et 75 000 travailleurs – selon les estimations de la police et des syndicats – ont déferlé du quartier de la Gare du Nord jusqu’à la Gare du Midi. Appelés par le front commun syndical (FGTB, CSC, CGSLB) et soutenus par une large coalition de la société civile, ils criaient leur refus du « plan d’austérité euro » imposé par le gouvernement Arizona de Bart De Wever. Pancartes, drapeaux rouges et banderoles dénonçaient pêle-mêle la réforme des pensions, les coupes budgétaires et la dégradation du pouvoir d’achat. Cette manifestation d’ampleur, la énième d’une longue série, confirme que la Belgique vit un printemps social exceptionnellement chaud.

 

« Nous n’allons pas payer pour leurs guerres et leur austérité ! »

« Nous n’allons pas payer pour leurs guerres et leur austérité ! », scandait la foule, dans une atmosphère à la fois festive et déterminée. Même cause mêmes effets, les travailleurs belges partagent le mot d’ordre lancé en France par le PRCF dès 2023 et pointent les causes et responsables de la situation. C’est-à-dire l’économie de guerre impérialiste imposée par l’Union européenne et l’OTAN, et les directives qui, sous l’égide de l’Euro et du semestre européen, imposent aux différents gouvernements européens de ratiboiser les droits sociaux et les salaires des travailleurs pour payer une énorme augmentation des budgets de guerre, afin d’escalader notamment la guerre en Ukraine, tout en continuant de gaver les milliardaires et leurs monopoles capitalistes.

Lors de la 15e journée d’action contre la démolition sociale et la militarisation, Raoul Hedebouw, leader du Parti du travail de Belgique, a déclaré : « Après 18 mois de mobilisation, les rues se remplissent à nouveau. Que ce soit le vol des pensions, les attaques contre nos salaires et l’indexation, l’augmentation des accises, les attaques contre nos droits démocratiques ou la militarisation de la société… la majorité des gens ne veut pas de cela. Que le mouvement social continue de lutter depuis 18 mois contre la démolition sociale et la militarisation est inédit. Et cette lutte porte ses fruits : le gouvernement a déjà dû faire plusieurs concessions. La maladie et le chômage technique ont été assimilés pour la pénalité sur les pensions, le durcissement de la pension anticipée a été atténué à plusieurs reprises, les primes de nuit sont moins réduites, etc.

Ceux qui pensaient que le mouvement s’essoufflerait ont sous-estimé la force du bas vers le haut. Syndicats, organisations de femmes, jeunes, associations à but non lucratif et secteur culturel : ils sont là à nouveau, ensemble dans la rue. Avec un message clair au gouvernement : personne n’accepte la politique du travail plus long pour une retraite moindre, personne n’accepte la pénalité sur les pensions. Personne n’accepte les manipulations de l’indice. Personne n’accepte les factures d’énergie qui explosent pendant que des milliards s’écoulent vers les armes et que les multinationales pétrolières se gavent de profits. La colonne vertébrale de notre société repousse le gouvernement depuis déjà dix-huit mois, avec succès. Les gens redécouvrent leur force collective. C’est quelque chose qu’on ne pourra plus jamais effacer. Respect. »

Une mobilisation de classe, tous ensemble, en même temps

La mobilisation populaire n’est pas un feu de paille. Depuis douze mois, les Belges descendent dans la rue avec une constance rare. Rappelons les dates clés qui ont rythmé cette résistance : le 14 octobre 2025, déjà plus de 100 000 personnes bloquaient Bruxelles contre les premières mesures du gouvernement De Wever ; en décembre 2025, une action « coup de poing » syndicale secouait la capitale ; en janvier et février 2026, grèves tournantes et journées d’action interprofessionnelles (5, 10 et 12 février) paralysaient secteurs publics et privés ; le 12 mars 2026, nouvelle marée humaine de 80 000 à 100 000 manifestants contre la « casse sociale » ; en avril, les personnels de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) défilaient massivement contre les attaques sur l’enseignement et le non-marchand. Sans oublier les grèves ponctuelles dans les chemins de fer, la santé et l’énergie. Ce n’est pas une succession d’actions isolées, mais un véritable plan de lutte continu, coordonné et interprofessionnel, qui unit public et privé, jeunes et retraités, Wallons, Flamands et Bruxellois. Jamais, depuis les grandes grèves anti-austérité des années 2010, le mouvement social belge n’avait affiché une telle unité et une telle persévérance.

 

Au cœur de cette mobilisation, le PTB et la FGTB incarnent deux voix complémentaires mais convergentes. Raoul Hedebouw, président du Parti du travail de Belgique, a multiplié les interventions ces derniers mois. Le 1er mai, à Bruxelles, il lançait un avertissement clair aux partenaires de la coalition Arizona (MR et Engagés) : « Nous ferons tout pour faire barrage au malus pension et à cette réforme inhumaine. Le mouvement social n’a jamais été aussi fort. Demain, comme aujourd’hui, les travailleurs diront non à l’austérité qui fait payer la crise aux plus modestes pendant que les super-profits et les dépenses militaires explosent. » Le 12 mai, présent dans le cortège, Hedebouw a répété que la pression de la rue avait déjà obligé le gouvernement à reporter certains arbitrages budgétaires. Pour lui, l’austérité n’est pas une fatalité européenne mais un choix politique néolibéral : « Ils veulent nous voler nos pensions, nos salaires indexés, nos services publics. Nous disons : cherchez l’argent là où il est, chez les milliardaires et dans les budgets militaires. »

La FGTB, par la voix de son président Thierry Bodson et de ses responsables, martèle le même message avec une force syndicale massive. « 30 milliards d’austérité à l’horizon 2028, ce n’est plus une cure, c’est un massacre à la tronçonneuse », avait-il déclaré dès 2024, slogan repris en boucle. Le 12 mai, la FGTB insistait : « Nous défendons le pouvoir d’achat, des pensions dignes sans malus, un travail soutenable et des services publics de qualité. Nous n’allons pas payer deux fois : ni pour la crise énergétique, ni pour les dettes du passé, ni pour les guerres. » La confédération socialiste, avec ses affiliés du secteur public (CGSP) et privé (SETCa), souligne que la mobilisation paie : elle a déjà contraint le gouvernement à reculer sur certains « ballons d’essai » comme un saut d’index généralisé ou une hausse massive de la TVA


 

NOTE D'YVAN BALCHOY

 

La Belgique vit sous la coupe conjointe et maléfique de nationalistes flamands et de libéraux du Nord et du sud du pays. La participation d'un parti socialiste du nord du pays n'a pas réussi à détourner notre pays du libéralisme intégral.

C'est la fête pour les gros et moyens revenus, c'est la disette pour les mal payés et surtout les chômeurs exclus souvent des allocations contractuelles pour tomber dans le mal-vivre des CPAS, simple cache-misère  d'un fossé de plus en plus large entre les nantis et le prolétariat qui, quoi qu'on dise, n'a pas disparu de notre plat pays.

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