17-08-26- 100 ANS DE FIDEL CASTRO : UN IDEAL QUI NE S'ÉTEINT JAMAIS - (PTB- LE GRAND SOIR))
Avec un petit groupe de guérilleros, Fidel est parvenu à mobiliser les masses larges populaires contre le régime du dictateur Batista.
À l’époque, Cuba était une néocolonie des États-Unis : un paradis pour la mafia, la prostitution et les jeux d’argent, où la production de sucre (principale source de richesse du pays) était entre les mains de multinationales américaines. Le 1er janvier 1959, le peuple cubain est parvenu à renverser ce régime.
Sous la direction de Fidel, Cuba a construit une société socialiste qui a réalisé d’importantes avancées sur le plan humain. Les terres ont été redistribuées des grands propriétaires terriens vers les paysans pauvres. L’électricité, la production de sucre, le pétrole, les télécommunications et d’autres secteurs clés ont été retirés des mains des multinationales américaines et mis au service du peuple.
Cuba a éradiqué l’analphabétisme, comme très peu de pays du continent latino-américain, rendu l’enseignement entièrement gratuit et développé un système de santé gratuit et de qualité. La mortalité infantile a fortement diminué et l’espérance de vie a augmenté.
Malgré toutes les insuffisances et l’énorme pression extérieure, ces réalisations restent impressionnantes, surtout lorsqu’on les compare à celles d’autres pays pauvres confrontés à des conditions similaires.
De la révolution cubaine à la solidarité internationale
Fidel Castro était plus qu’un chef d’État. Il fut l’un des architectes de la lutte pour la justice dans le Sud global, et portait l’internationalisme dans son cœur. Fidel fut l’un des principaux dirigeants du Mouvement des non-alignés, qui depuis les années 1950, rassemble des pays du tiers-monde autour de leur droit à la souveraineté.
Cuba a soutenu les luttes de libération anticoloniales dans de nombreux pays comme le Congo, l’Algérie ou l’Angola, non seulement par des paroles, mais aussi par des actes. Des dizaines de milliers de Cubains ont combattu en Angola contre les troupes racistes de l’apartheid sud-africain. Selon Nelson Mandela, la bataille de Cuito Cuanavale en Angola a même joué un rôle décisif dans la chute du régime d’apartheid.
Alors que les pays impérialistes exportent des bombes, des sanctions, des coups d’État et la terreur, Cuba envoie des médecins aux quatre coins du monde.
Depuis 1963, le pays a envoyé 605 000 professionnels de la santé dans 165 pays, depuis la première ligne de la lutte contre Ebola et le sida en Afrique jusqu’aux brigades médicales venues aider l’Italie à combattre la crise du Covid, alors que de riches pays européens l’avaient abandonnée à son sort. Cuba accueille également des étudiants du monde entier, y compris de Gaza et de Palestine, dans des écoles spécialisées afin de les former à devenir médecins.
Pour toutes ces raisons, Cuba reste une source d’inspiration, en particulier pour les pays du Sud qui doivent se libérer du joug néocolonial. Et c’est précisément pour cette raison que les États-Unis imposent depuis 1961 un blocus économique criminel et illégal contre l’île.
Ce blocus génocidaire prive le peuple cubain d’un accès à la nourriture, aux médicaments, au carburant et à des technologies indispensables à la vie. Une sanction collective condamnée à maintes reprises par la communauté internationale, mais qui perdure et que Donald Trump et le secrétaire d’État américain Marco Rubio portent aujourd’hui à des niveaux insensés.
Le peuple cubain résiste à ce crime avec une créativité et une détermination hors du commun. La lutte cubaine pour la souveraineté et pour le socialisme est aussi notre lutte. C’est la lutte pour un monde dans lequel les peuples sont les architectes de leur propre histoire, et ne sont pas livrés aux intérêts des puissances impérialistes.
Depuis des lustres
tu t'illustres
par ta soif de liberté
ta volonté d'équité
ta lutte pour la spour tous sans rupture
Hier encore triste lupanar
au mains de salopards
ton peuple humilié
un jour s'est levé
Derrière Fidel et ses barbus
il s'est battu
d'abord à un contre cent
un combat bouleversant
contre le tyran
de plus en plus vociférant
et ses hordes
en désordre.
L'étranger commandante
dans sa clandestinité
l'argentin Ché
s'étant arraché
aux facilités bourgeoises
s'est jeté dans la noise
pour rendre sa dignité
à son continent bafoué
Aujourd'hui bien du temps a passé,
Ayant perdu ton grand allié,
l'U.R.S.S., aujourd'hui dépouillée
il t'a fallu batailler
plus que jamais
pour préserver tes acquis
sans sombrer dans l'oubli.
Ton peuple, affaibli,
souvent démuni,
perturbé par la propagande agressive
de son voisin ivre
confronté au spectacle d'un tourisme abêtissant
épuisé par un blocus permanent,
garde son cap politique
conscient que dans un monde devenu gringo
lui seul garde le flambeau
d'une humanité prophétique
dont il est semence
et promesse combattante
Longue vie à Cuba,
à Fidel et à l'héroïque peuple cubain
Honte à l'ogre américain.
Yvan Balchoï
1996-1997
