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Publié par POESIE-ACTION

 
 
 
« Aucune armée, aucune force n’est capable de vaincre un peuple qui a décidé de lutter pour sa dignité ! » 100 ans de Fidel Castro
 

Fidel Castro, cent ans après : un phare pour les peuples du monde entier – par Georges Gastaud, philosophe

Le 13 août 1926, Fidel Castro Ruz naissait à Birán, dans l’Est de Cuba, et ce centenaire appelle tous les révolutionnaires à honorer sa mémoire. Car s’ils omettaient de commémorer Fidel, les impérialistes, eux, n’oublieraient pas de saisir une occasion de plus de maudire son nom, comme ils n’ont jamais cessé de le faire depuis la mort du « commandant en chef » de la Révolution, ainsi que les Cubains et Cubaines l’appelaient admirativement.  

Un étudiant brillant, un sportif d’élite et… un choix patriotique et de classe

Fidel était un étudiant brillant, formé en Droit à l’Université de La Havane, ainsi que, potentiellement, un sportif de haut niveau. Fils d’un propriétaire terrien d’origine espagnole, il aurait pu préférer une vie bourgeoise confortable à celle, périlleuse, des militants du camp des opprimés. Mais, à l’image de Marx, Engels et Lénine, eux aussi ici de milieux bourgeois, Fidel a choisi de mettre son intelligence et son énergie au service des prolétaires et des sans-terre.

La vie de Fidel se confond avec la Révolution cubaine dont il fut l’âme et le stratège. Aux côtés de Camilo Cienfuegos et d’Ernesto Che Guevara, il a risqué sa vie pour arracher le peuple cubain à la honte où le maintenait le régime terroriste de Fulgencio Batista, aux ordres des États-Unis. De l’assaut de la caserne Moncada en 1953 à la victoire de janvier 1959, où quasiment tout le peuple cubain est descendu dans la rue pour fêter le triomphe de la Révolution, Fidel a incarné la volonté d’un peuple de briser les chaînes du néocolonialisme étatsunien pour faire de Cuba, initialement traitée en lupanar miséreux des USA, une référence mondiale de l’émancipation nationale et sociale.

Souveraineté nationale, socialisme et appui soviétique

Parce qu’il voulait rendre au peuple cubain sa pleine souveraineté sur l’économie et sur la politique, Fidel a été immédiatement menacé de mort par Washington, essuyant de nombreuses tentatives d’assassinat de la part de la CIA. Blocus économique, invasion de la Baie des Cochons (Playa Giron) en 1961 : Washington a tout essayé pour abattre la Révolution. Fidel a non seulement tenu bon, mais il a proclamé « le caractère socialiste de la Révolution cubaine » en s’alliant clairement à l’URSS, laquelle aura permis à Cuba de résister à l’étranglement impérialiste: certes, à l’issue de l’ainsi-dite « crise des fusées » de 1962, l’URSS a retiré ses fusées de Cuba, mais en échange, Kennedy a dû retirer ses propres missiles de Turquie et s’engager à ne plus tenter d’envahir Cuba. 

Conquêtes sociales, démocratie populaire et résistance héroïque

Les conquêtes sociales et démocratiques de Cuba socialiste ont vite été très impressionnantes : réforme agraire, nationalisations, campagne massive d’alphabétisation, développement gratuit et universel de la santé, de la recherche biomédicale et de l’éducation. Dans un pays longtemps marqué par la misère et par l’analphabétisme, Cuba est devenu un modèle de justice sociale pour des millions de travailleurs de par le monde. Malgré l’énorme disproportion des forces, les États-Unis n’ont jamais réussi à renverser le régime socialiste cubain. Lequel, non seulement a défendu ses choix propres, mais a soutenu les luttes révolutionnaires partout, notamment en Afrique aux côtés de Lumumba, puis des révolutionnaires angolais, mozambiquais, namibiens et sud-africains (le premier voyage de Nelson Mandela enfin libéré et devenu président de la RSA sera pour La Havane!), mais aussi en Amérique latine où, durant les premières décennies des années 2000, Cuba et le Venezuela bolivarien de Chavez mirent en place ensemble, face au néolibéralisme mondial, l’Alternative Bolivarienne des Amériques: aux antipodes de la dévastatrice « concurrence libre et non faussée » du Traité de Maastricht, l’ALBA mettait en pratique la division du travail continentale et les échanges économiques à parité.  

1991, la « période spéciale » et la relance révolutionnaire latino-américaine

En 1991 cependant, quand Gorbatchev et Eltsine eurent livré la RDA, l’URSS et le camp socialiste à l’impérialisme occidental, Cuba a tenu bon malgré le lâchage qu’elle a subi de la part de la Russie anticommuniste d’Eltsine, à genoux devant Berlin et Washington. Fidel est alors resté le principal point d’appui mondial des révolutionnaires du monde entier. Déjà en 1989, à Camaguey, il mettait en garde contre la capitulation gorbatchévienne quand il s’écriait, contre la « nouvelle pensée » de Gorbatchev qui prétendait substituer les « valeurs universelles » (en réalité la capitulation devant le capital) au combat de classe : « Il y a la démocratie des riches et la démocratie des pauvres, la paix des riches et la paix des pauvres.

Exemplairement, avec Fidel à sa tête, Cuba a tenu bon pendant la « période spéciale », cette phase de pénuries extrêmes après l’effondrement du bloc soviétique. Et ce n’est pas tout : Fidel, allié à Hugo Chávez au Venezuela, au Nicaragua sandiniste et à la Bolivie d’Evo Morales, a contribué à relancer le processus révolutionnaire latino-américain au début du XXIe siècle.

Aujourd’hui : Cuba assiégée, mais debout

Dans les conditions actuelles, où les États-Unis de Donald Trump assiègent et affament Cuba après avoir kidnappé le président vénézuélien Nicolás Maduro, la situation de Cuba est critique. Même s’ils sont forcés de faire des concessions économiques dans l’esprit de la NEP léniniste, même si leur situation est terrible avec des pénuries de nourriture, de médicaments et d’électricité, les Cubains continuent de tenir bon dans l’esprit de José Martí, « l’Apôtre de la Révolution cubaine », du Che et de Fidel. Ils se regroupent derrière les leaders révolutionnaires Raúl Castro et Miguel Díaz-Canel qui ne calent pas malgré les menaces nord-américaines qui les ciblent personnellement.

Défendre Cuba, c’est SE défendre avec Cuba

Le rôle des révolutionnaires en France est plus que jamais de SE défendre eux-mêmes AVEC Cuba, qui reste un phare mondial, certes très menacé, de la souveraineté des peuples et de la défense de la paix mondiale face au tyran global Trump. Fidel était et reste « la figure de proue du Mouvement communiste international et du Front anti-impérialiste mondial », et son héritage doit inspirer notre combat pour une France franchement indépendante, patriote et progressiste reprenant à son compte dans des formes propres à notre temps et à notre pays l’héroïque mot d’ordre fidéliste « la patrie ou la mort, le socialisme ou mourir, venceremos! ». 

Article également dédié à Georges Hage et à Léon Landini, anciens présidents (décédés) du PRCF, tous deux Médailles de l’Amitié des peuples de la République de Cuba.

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