"ETRE LIBRE CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ETRE SOI-MEME" (LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI - 135)
Chacun doit avoir le souci d’être « russe avant tout », c'est-à-dire « d’être lui-même »en se consacrant au service de sa patrie. Devenir russe implique en premier lieu le refus de mépriser et même de juger de haut son peuple ; ensuite le souci de revenir au sol natal, à ses coutumes et à son langage. A ce propos, l’écrivain réclame avec passion l’usage du russe en matière d’éducation (1)
A son époque les langues occidentales et surtout le français commençaient déjà à perdre du terrain en Russie, mais conservaient cependant la faveur d’une minorité haut placée.
-« Pour exprimer en français la richesse de son « moi » psychique, il faut n’est-ce pas s’assimiler le français de la manière la plus complète. Eh bien ! sachez-le, il y a un mystère, une loi de la nature d’après laquelle on est venu au monde, autrement dit celle du pays dont vous faites partie. » (2)
« Journal d’un écrivain », mai-juin 1877, page 547.
Lorsque tout ce programme sera accompli, l’Europe cessera de mépriser les russes, car ils leur apparaîtront enfin avec un visage humain et non plus avec la physionomie simiesque de vils copieurs ; on ne les considèrera plus comme des esclaves, mais tous reconnaîtront leur dignité d’hommes libres. Alors seulement la Russie sera capable de donner au monde son Unique Parole de Salut. (3)
« Journal d’un écrivain », janv. 1877, page 441-443
En définitive le populisme dostoïevskien souligne tout à la fois la valeur d’intuition synthétique et prophétique de notre auteur.
Yvan Balchoy
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