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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (361)

Dieu suggère le romancier sans approuver ni se faire le complice du mal ne parvient à communiquer son salut à ceux qui, sans jamais désespérer, continuent à compter sur lui malgré une situation irrégulière et pécheresse, au regard de la loi.

On ne peut donc rien conclure au plan des principes, semble-t-il, de ces cas limites, sinon peut-être qu’ils justifient indirectement par l’absurde l’ordre moral auquel ils contreviennent objectivement ; ne pourrait-on dire par ailleurs que la « matérialité » fautive de leur conduite ne suffit pas à instituer une moralité proprement dite, parce que l’espèce de consentement passif qui rend possible le mal réalisé en eux, est démenti par le sentiment profond de leur cœur.

Faute de liberté, leur engagement ne relève pas vraiment de la moralité. Il est évident que de pareilles cas trouvent difficilement sa place dans des traités de morale qui ne reconnaissent que des principes immuables auxquels les individus doivent, bon gré, mal gré s’appliquer.

S’il en est question Dana cette perspective, la situation de Sonia semble plus nocive encore que le mal accompli délibérément.

Un romancier a-t-il le droit d’exprimer le vécu sous toutes ses formes et donc d’aborder ces cas marginaux. Pour bien des critiques en matière religieuse, ces romans sont mauvais, dangereux ou inutiles pour la généralité des lecteurs et donc à rejeter.

Quelle utilité, diront d’autres, de révéler en un roman ces situation « anormales » ignorées des trois quarts des lecteurs

Tel n’est pas notre avis. Aucun sujet en soi ne doit être en principe exclu par principe du roman adulte. Si les faits ne cadrent pas exactement avec les principes théoriques, tant pis pour ces principes, si respectables soient-ils. Ce n’est pas l’affaire d’un romancier.

Si celui-ci est authentiquement chrétien , sa personnalité morale transparaître en son récit ; elle peut transfigurer un sujet noble en une œuvre scabreuse. D’un tel sujet, un esprit noble fera une œuvre profondément morale.

Si les faits ne coïncident pas avec son idéal théorique, le morale doit peut-être remettre en question certaines de ses certitudes. Des principes universels et théoriques peuvent-ils épuiser la moralité. .On peut en douter !

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