Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Archives

Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (391)

Les sources où l’écrivain est allé puiser son inspiration religieuse permettent-elles de pousser plus avant notre recherche ? Il n’est pas facile de les circonscrire

. On peut cependant, sans risque d’erreur, rappeler l’Idéalisme Schillérien qui l’enthousiasma si tôt, le socialisme utopique teinté d’un relent chrétien à la Proudhon, les Pères de l’Eglise, la Tradition orthodoxe, en particulier les figures d’Isaac le Syrien, connu sans doute à travers la célèbre philocalie, Saint Grégoire le Thaumaturge, Saint Tikhone Zadonsky, Saint Séraphin de Sarov… sans oublier le fameux staretz Ambroise que Dostoïevski alla visiter en compagnie de son ami Soloviev en 1878 et que connut d’ailleurs également Léon Tolsto

Ces influences ont, sans aucun doute, aidé le romancier à se faire une idée plus claire, plus juste aussi, du Christianisme russe orthodoxe.

Mais ce ne fut pas sans peine. Le mysticisme affectif semble avoir dominé tout son itinéraire religieux. A ces influences, dont il se glorifie, il faut ajouter de son propre aveu celle des grands Slavophiles, Khomiakov, Samarine, Kirieevsky, vis-à-vis desquels il garda cependant toujours une certaine réserve, initialement teinté d’hostilité.

Ses reproches à la célèbre école, s’adressait surtout à son caractère « fanatique » et à sa prétention d’incarner à elle seule le patriotisme russe.

De plus, l’écrivain ne put jamais se faire à l’immobilisme idéologique de beaucoup de slavophiles. C’est heureux, car le panslavisme russe, animé de la conviction que le Royaume du Christ ne pouvait se réaliser que sur terre, a construit, parfois abusivement, un messianisme russe, qui n’est plus chrétien que de façade et cache une nationalisme agressif. (1)

--------------------------------

(1) Dostoïevski n’en n’a pas été tout à fait exempt ainsi qu’on peut le voir en certaines pages du « Journal d’un écrivain « . A ce propos, voir Vladimir Szylkarsky, ouvrage cité page 30-31 ainsi que A.S. Glorieux, ouvrage cité, tome II, page 247 et le « Journal d’un écrivain » 1861, page 90-91

----------------------------------

On ne peut négliger le sorte de fascination qu’exercèrent durant les années qui précédèrent immédiatement la composition des « Frères Karamazov ».

Les idées de Nicolas Fedorov au moment de sa grande amitié avec Vladimir Soloviev dont nous avons sou ;ligné l’importance plus haut. Comment de plus préciser tout le parti que tira Dostoïevski des conception théologiques d’un Ianishev, prêtre russe orthodoxe qu’il rencontra à Wiesbaden ?

Devenu, par la suite, recteur de l’Académie théologique de Petersburg, Ianishev a substitué dans ses cours l’analyse psychologique de l’ancienne méthode scholastique, formulant d’une manière neuve et originale des problèmes tels que celui du libre-arbitre

. Malheureusement, faute de documentation accessible, nous n’avons pu préciser la portée de cette influence sur notre auteur. (2)

--------------------------------

(2) CF ; « Correspondance de Dostoïevski », volume 3, lettre 220, page 36

--------------------------------

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article