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Publié par YVAN BALCHOY

10-11-23- COUVETURE MEDIATIQUE DE LA GUERRE DE GAZA (FRANS DE MAAGD)

Via Frans... 

La couverture médiatique de la guerre de Gaza (Saïd Bouamama) 

Alors que chaque jour le nombre de victimes civiles palestiniennes sous les bombes incessantes de l’armée israélienne ne cesse de grandir, la couverture médiatique de la plupart des titres occidentaux et la plupart des antennes radios et télé continuent de répéter en boucle les mêmes logiques argumentaires mensongère. Sans être exhaustif, il n’est pas inutile de rappeler les arguments les plus récurrents de cette propagande de guerre. 
Le premier argument est de présenter le massacre actuel de la population de Gaza comme étant un « conflit entre Israël et le Hamas » comme le fait l’hebdomadaire l’Express du 26 octobre 2023 ou France Info du 29 octobre, je cite : « Guerre entre Israël et le Hamas : 5 palestiniens tués en Cisjordanie » Fin de citation ou encore Europe 1 du 29 octobre, je cite « Israël-Hamas : les manifestations pour soutenir les gazaoui se multiplient dans le monde » Fin de citation ou enfin Ouest-France, je cite : « Guerre Israël Hamas : 5 questions pour comprendre les origines de ce conflit » Fin de citation. Ce mode de présentation du massacre en cours à Gaza diffuse l’opinion d’une action violente israélienne légitime, Israël ne faisant que se défendre contre un ennemi construit politiquement et médiatiquement comme un monstre. 
Cette rhétorique est typique de la propagande de guerre ayant pour objectif d’obtenir un consentement à la guerre. Dans son ouvrage « Principes élémentaires de la propagande de guerre » daté de 2010, Anne Morelli présente comme suit cette construction de l’adversaire comme « monstre », je cite : « On ne peut haïr un groupe humain dans son ensemble, même présenté comme ennemi. Il est donc plus efficace de concentrer cette haine de l’ennemi » Fin de citation. Fréquemment cette concentration de la monstruosité et de la haine se dirige contre un leader. Ce fut le cas en Egypte au moment de la nationalisation du canal de Suez où le président du conseil français Guy Mollet caractérise Nasser comme « le nouvel Hitler ». Ce fut également le cas en Irak où Saddam Hussain fut dépeint comme un monstre ordonnant de débrancher des couveuses. En Palestine, ce n’est pas un leader qui est construit comme monstre mais un mouvement politique. Pour ce faire il faut nier à longueur d’antenne que l’offensive palestinienne du 7 octobre dernier est le fait coordonné de tous les mouvements de résistances du Hamas au Front Populaire de Libération de la Palestine, du Djihad islamique palestinien au Front Démocratique de Libération de la Palestine. 
Le second argument récurrent des couvertures médiatiques du nettoyage ethnique en cours à Gaza est la réduction de la situation à une guerre de religion. C’est cette réduction qu’opère l’expression « guerre de civilisation » utilisé fréquemment dans le débat médiatique et politique. Le philosophe Michel Onfray explique ainsi le 25 octobre sur CNews, je cite « C’est une guerre de civilisation, c’est une guerre de religion » Fin de citation. Le chroniqueur du Figaro Gilles William Goldnadel l’avait précédé dans cette caractérisation, je cite : « Du terrorisme à Gaza à l’islamo-gauchisme de Paris, une guerre de civilisation » Fin de citation. Elizabeth Lévy est encore plus explicite dans Causeur du 11 octobre en disant, je cite : «  Nous assistons à un épisode paroxystique de la guerre des civilisations décrite par Samuel Huntington à la fin du siècle dernier, laquelle n’oppose pas seulement l’armée d’Israël aux assassins du Hamas, mais l’Occident au djihadisme malheureusement soutenu par une grande partie du monde islamique. On aimerait que ce soit le Hamas contre l’humanité rassemblée, mais non, une frontière civilisationnelle sépare ceux qui pleurent les morts israéliens et ceux qui, de Tunis à Sanaa, d’Alger à Téhéran, affichent leur joie. Et dans ce qu’on appelait autrefois le Tiers Monde (on dit aujourd’hui « Sud global »), on se contente d’appeler toutes les parties à la raison » Fin de citation. Cette rhétorique permet bien entendu de masquer la véritable de nature de la guerre en cours. Celle-ci n'est en effet rien d’autre qu’une guerre de conquête du côté de l’Etat israélien et une guerre de libération nationale du côté du peuple palestinien. Il n’est qu’à comparer les différentes cartes de l’Etat d’Israël de 1948 à aujourd’hui pour s’en convaincre. 
Bien sur une telle déformation de la réalité suppose un contrôle de l’opinion, la diffusion d’une peur de s’exprimer afin de développer une logique d’auto-censure. La menace d’être poursuivi pour « apologie du terrorisme » vise ainsi à faire taire toutes les analyses ne s’inscrivant pas dans l’’explication dominante. Certains articles du journal israélien Haaretz tomberaient ainsi s’ils étaient publiés en France sous le coup de la loi tout simplement parce qu’ils recontextualisent la séquence actuelle en rappelant la violence structurelle de la colonisation sioniste. Le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterez serait également passible de poursuite si ses propos avaient été tenus en France tout simplement parce qu’il rappelait, je cite « les attaques du Hamas ne se sont pas produite en dehors de tout contexte » Fin de citation. Dans l’hexagone des poursuites ou des menaces de poursuites pour apologie du terrorisme se multiplient contre la Députée Danielle Obono, contre le NPA, contre la France Insoumise, contre le secrétaire général de l’Union Départementale CGT du Nord, etc. 
Peu importe que ces menaces soient effectivement transformées en poursuite judiciaire. L’objectif est d’ores et déjà de susciter la peur et l’auto-censure. Sur cet aspect également les recherches sur la propagande de guerre et la fabrique de l’opinion sont riches de leçons. Arthur Ponsonby, un élu à la chambre des communes opposé à l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne lors de la guerre de 1914 et auteur d’un des premiers livres sur la propagande de guerre écrivait dans celui-ci, je cite : « En temps de guerre, l’échec d’un mensonge est de la négligence, le doute sur un mensonge est un délit, la déclaration de vérité est un crime » Fin de citation. 
La troisième logique argumentaire récurrente est l’absence de contextualisation conduisant à occulter l’histoire et à présenter la séquence actuelle comme n’ayant aucun lien avec les séquences antérieures. L’histoire commencerait presque le 7 octobre à croire certains éditorialistes. Soixante-quinze ans de colonisation, le territoire de Gaza transformé en prison à ciel ouvert, une dépossession des terres et des maisons palestiniennes qui se poursuit, des milliers de prisonniers politiques palestiniens, etc. Tout cela n’aurait selon certains bien-pensants rien à voir avec le 7 octobre. La règle de base apprise par tous les étudiants en sciences sociales, à savoir la nécessité de contextualiser les faits abordés semble méconnue de nombreux journalistes faiseurs d’opinions. 
-------- Message d'origine --------
Le 30 oct. 2023 à 17:48, De Maegd Frans < fransdemaegd@hotmail.com> a écrit :

Beste Marc en Gaston, 
hier de vertaling van de bijdrage van Saïd vandaag
Succes ermee
Frans
 

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